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Ordonnance sur la protection des animaux: pas de percée marquante
(29|08|08)  La nouvelle ordonnance sur la protection des animaux apporte certes de nombreuses améliorations de détail pour de nombreuses espèces animales mais les avancées riches en perspectives font défaut. Tel est le bilan en demi-teintes tiré par la Protection Suisse des Animaux PSA. La Suisse n’a plus un rôle de leader dans la protection animale. Dans quelques domaines, les dispositions de notre voisin, l’Autriche, et d’autres pays de l’UE également, sont plus strictes aujourd’hui déjà.

Jusqu’ici, les chevaux, les chèvres, les moutons et les poissons n’étaient pas du tout mentionnés explicitement dans l'ordonnance sur la protection des animaux. L’entrée en vigueur de la nouvelle ordonnance en date du 1er septembre va changer la donne puisqu’elle contient enfin des prescriptions contraignantes pour ces espèces oubliées. Les exigences d’une pétition lancée à la fin des années 90 par la Protection Suisse des Animaux PSA - et qui avait réuni plus de 60’000 signatures - sont donc enfin satisfaites. Mais le directeur de la PSA Hansuli Huber a lâché, désenchanté, à la conférence de presse de vendredi matin à Berne: «La nouvelle ordonnance n’annonce malheureuse- ment pas de percée marquante pour nos animaux de rente comme ce fut le cas, en son temps, avec l’interdiction des élevages de poules en batteries.» Là où des conditions de détention plus strictes sont prévues, des délais transitoires extrêmement longs viennent souvent les relativiser. La vétérinaire de la PSA Lydia Baumgarten a ainsi trouvé à redire à la détention des chevaux à l’attache qui ne sera interdite que dès 2013.

Parmi les succès, la PSA relève notamment la restriction à 6 heures des transports d’animaux, les nouvelles prescriptions modernes pour les abattoirs ou l’interdiction de la grande majorité des interventions cruelles sur les animaux de rente, par exemple la castration sans analgésie des porcelets. L’engagement de la PSA en faveur des quelque 7 millions d’animaux de compagnie a également porté ses fruits. Des prescriptions plus détaillées réglant la détention correcte des chiens et des chats deviennent réalité tout comme des dispositions minimales pour divers petits animaux et oiseaux. Les modes d’élevage qui rendent les animaux malades et exercent une incidence négative sur leur comportement seront dorénavant interdits. Eva Waiblinger, experte en animaux de compagnie à la PSA, a toutefois notamment regretté qu’aucune castration obligatoire n’ait été prescrite pour les chats errants et que la détention des chiens à la chaîne, une pratique contraire aux bonnes dispositions de protection animale, demeure autorisée avec quelques restrictions minimes seulement.

Notre pays n’est plus un chef de file en matière de protection animale
Notre voisin l’Autriche a adopté une réglementation de protection animale parfois plus stricte - et pas seulement au niveau des animaux de compagnie. Dans ce pays, les cirques, par exemple, ne peuvent plus emmener d’animaux sauvages avec eux tandis qu’en Suisse une liste des animaux inappropriés fait même défaut. De façon générale, la PSA estime par trop minimalistes les prescriptions de notre pays en matière de détention d’animaux sauvages. Peter Schlup, expert en la matière à la PSA, a posé cette question rhétorique: «Comment un rhinocéros de 3 tonnes peut-il vivre sur un espace pas plus grand qu’un séjour?». Car l’ordonnance sur la protection des animaux prescrit un enclos intérieur de 25 m2 comme dimension minimale pour une détention. La Suisse a perdu son esprit pionnier depuis l’entrée en vigueur de la première loi sur la protection des animaux en 1981 et on ne peut depuis longtemps plus la considérer comme un modèle dans tous les domaines.

La PSA se félicite néanmoins des nombreuses améliorations de détail inscrites dans la nouvelle ordonnance. Elle entend suivre de près leur application concrète et apporter son soutien actif dans ce cadre. À cette fin, elle met à la disposition de ses 69 sections régionales et cantonales un guide détaillé à titre d’aide à l’exécution. Elle place un accent sur l’information et la formation des détenteurs d’animaux et des personnes côtoyant des animaux au quotidien. Hansuli Huber a annoncé la création d’un centre de compétences de la PSA pour des transports d’animaux et des abattoirs conformes aux dispositions de la protection animale. Durant l’hiver, la PSA lancera de surcroît un concours pour un mode de détention particulièrement respectueux des chevaux auquel les propriétaires d’écurie et les détenteurs de chevaux pourront prendre part.


Pour toute question:
Protection Suisse des Animaux PSA; Siège, tél. 061 365 99 99